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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 13:38

Dossier documentaire: L’économie du cinéma en France depuis les années 1960

 

Le cinéma est une forme d’expression artistique, une technique mais aussi un secteur économique. L’ensemble documentaire permet de repérer les principales évolutions de l‘économie du cinéma et de mettre en valeur ses principales transformations ?

 

 

 

Problématique : Comment l’économie du cinéma s’est-elle transformée pour s’adapter aux transformations économiques et sociales ?

 

 

 

Texte n° 1

La situation actuelle est nettement différente de celle du début des années soixante. En 40 ans, le cinéma a subi deux crises majeures dues principalement à la concurrence de nouveaux médias. Tout d’abord la démocratisation de la télévision dans les années soixante a mis fin au monopole du cinéma dans l’audiovisuel. Puis les Français se sont un peu plus détournés des salles obscures en liaison avec l’engouement pour les vidéocassettes et la création de Canal+ en 1984.

En 1960, le cinéma a attiré plus de 350 millions de spectateurs. En 1970, ils n’étaient plus que 184 millions (graphique 2). Cette baisse de la fréquentation a entraîné la fermeture de près de 25 % des salles de cinéma en l’espace de dix ans ; en 1972, le parc est à son plus bas niveau. Au cours de cette période, la télévision conquiert les foyers et se pose en concurrent direct du cinéma. Le nombre de comptes ouverts au titre de la redevance est passé d’à peine 1 million en 1960 à plus de 10 millions en 1970, témoignant de l’explosion de ce nouveau média. Néanmoins, les dépenses des ménages pour le cinéma ont augmenté (2,9 % en moyenne par an) du fait d’une hausse importante du prix d’entrée, nettement supérieure à l’inflation. Le prix d’une place de cinéma a fait ainsi plus que doubler entre 1960 et 1970, alors que l’ensemble des prix à la consommation a augmenté de 52 %. La forte hausse du prix d’entrée traduit pour partie un effet qualité, une augmentation étant souvent la conséquence d’une amélioration globale du service proposé aux spectateurs (spectacle d’une durée supérieure, salles plus confortables...).

En 1970, les dépenses des ménages consacrées au cinéma sont dépassées par les dépenses en activités de télévision (qui ne comprenaient à l’époque que la redevance télé) : 183 contre 152 millions d’euros.

« 40 ans de cinéma : âge d’or, crise et renouveau », INSEE-Première, n° 841 - AVRIL 2002

 

 

Analyse du texte n° 1

 

1. Quelles sont les « deux crises majeures »  qui frappent le cinéma à partir des années 1960 ? [Texte n° 1 ; Graphique n° 1 ; Graphique n° 2]

 

2. Quelles sont les conséquences de ces deux crises sur la fréquentation des salles et les dépenses des ménages ? [Texte n° 1 Graphique n° 1 ; Graphique n° 2]

 

 

 

Graphique n° 1 : Répartition des dépenses des ménages consacrées à l’audiovisuel 

dépenses cinema2
« 40 ans de cinéma : âge d’or, crise et renouveau », INSEE-Première, n° 841 - AVRIL 2002

 

 

 

Graphique n° 2: Dépenses des ménages en cinéma et fréquentation des salles

  dépenses français cinema

« 40 ans de cinéma : âge d’or, crise et renouveau », INSEE-Première, n° 841 - AVRIL 2002

 

 

 

Texte n° 2

Après deux années de forte hausse en 1981 et 1982 (8,2%et 6,7 %), le nombre annuel de spectateurs repasse la barre des 200 millions. Puis le cinéma va vivre une nouvelle crise. Il doit faire face à une double concurrence. D’une part, le magnétoscope est apparu à la fin des années soixante-dix et le taux d’équipement des ménages a progressé rapidement pour dépasser 40 % en 1990. Les achats de vidéocassettes préenregistrées ont alors fortement augmenté à partir de la fin des années quatre-vingt. La dépense des ménages est ainsi passée de 74 millions d’euros en 1986 à plus de 610 millions en 1991.

D’autre part, le paysage audiovisuel s’est considérablement modifié : des chaînes privées, comme la Cinq et TV6, qui deviendra M6, sont créées. TF1 est privatisée en 1986. Depuis 1984, Canal+ diffuse des films récents et globalement, les chaînes de télévision programment de plus en plus de films (527 en 1980 et 1360 en 1990).

Face à cette diversification de l’offre audiovisuelle, les ménages se sont détournés du cinéma. D’autant plus que le prix de la place a augmenté plus vite que celui des autres activités audiovisuelles. Toutefois, cette hausse a été moindre que par le passé du fait de la concurrence des autres médias et de la faiblesse globale de l’inflation.

« 40 ans de cinéma : âge d’or, crise et renouveau », INSEE-Première, n° 841 - AVRIL 2002

 

 

Analyse du texte n° 2

 

3. Quelle est la « nouvelle crise » qui frappe l’économie du cinéma dans les années 1980 ? [Texte n° 2 ; Graphique n° 1 ; Graphique n° 2]

 

4. Quelles sont les causes de cette crise ? [Texte n° 2 ; Graphique n° 1 ; Graphique n° 2]

 

 

 

Texte n°3

La fréquentation des salles a atteint son plus bas niveau en 1992, avec 116 millions d’entrées. L’année suivante a marqué le début de la reprise, le nombre d’entrées augmentant de 15,6 %. Entre 1992 et 2000, la fréquentation augmente de 43 %, et les dépenses des ménages consacrées au cinéma de 52 %. […]

Ce retour des Français dans les salles obscures s’explique en partie par l’énorme succès commercial de certains films, comme « Les visiteurs » en 1993 et « Titanic » en 1998 (+ 14%pour chacune de ces deux années). Après un recul l’année suivant ces deux pics, la tendance à la hausse est ensuite immédiatement confirmée. Des raisons plus structurelles ont en effet permis de prolonger et d’amplifier les effets bénéfiques de ces succès populaires.

Pendant la période de crise des années quatre-vingt, la politique mise en place par les pouvoirs publics a permis de maintenir un parc couvrant du mieux possible l’ensemble du territoire. De plus, les exploitants et les collectivités locales ont consenti des efforts importants de rénovation et de réorganisation du réseau. La reconquête et l’élargissement du public en ont été facilités.

Les deux premiers multiplexes sont apparus en France en 1993, plus tard que dans certains pays européens comme le Royaume-Uni, l’Allemagne ou l’Espagne. […] Même avec retard, ce type d’établissements s’est fortement développé en France. De 1993 à 2000, le nombre de multiplexes est ainsi passé de 2 à 80. La quasi-totalité d’entre eux est située dans des agglomérations de plus de 100 000 habitants.

Les multiplexes ont élargi le public cinématographique en touchant des zones auparavant pas ou peu équipées. Ils ont également induit une hausse du rythme de fréquentation. Par ailleurs, la majorité des spectateurs des multiplexes a tendance à ne fréquenter que ce type d’établissements. La part des multiplexes dans le nombre total d’entrées a donc fortement augmenté, de 11 % en 1996 à 35 % en 2000.

Les salles d’Art et d’Essai, les complexes situés en centre ville et les multiplexes à la périphérie diversifient l’offre cinématographique. Les professionnels du cinéma cherchent ainsi à toucher un public le plus large possible. Parallèlement, ils développent une diversification tarifaire. Diverses formules d’abonnements ont été proposées, pour inciter les spectateurs à accroître leur rythme de fréquentation. La dernière innovation en la matière date de 2000, avec les cartes d’abonnement illimité. Leur effet est positif sur la fréquentation […]

Désormais, la télévision est plus un partenaire qu’un concurrent pour le cinéma. Les deux activités sont de plus en plus liées. La télévision est aujourd’hui un moyen de promotion du cinéma : émissions, interviews, stars du cinéma jouant dans des téléfilms, etc. Mais, surtout, des groupes audiovisuels ont pris des participations dans le cinéma et inversement. La télévision apporte aussi un soutien financier important à la production de films français. Depuis 1985, les chaînes de télévision ont décuplé le montant de leur participation au financement du cinéma. Il atteint 305 millions d’euros en 2000. Le financement s’effectue soit par une implication directe avec la coproduction de films (24 % du montant total), soit par les pré-achats de films (76 %). Le budget moyen des films français a ainsi augmenté, quelques films à très gros budget ont pu être produits, a priori facteurs de hausse de la fréquentation

 « 40 ans de cinéma : âge d’or, crise et renouveau », INSEE-Première, n° 841 - AVRIL 2002

 

Analyse du texte n° 3

 

5. En quoi l’année 1992 est-elle un tournant pour l’économie du cinéma ?

 

6. Comment évolue la fréquentation des salles et les dépenses des ménages dans les années suivants ?

 

7. Compléter le tableau ci-dessous afin d’analyser les facteurs expliquant cette évolution :

Facteurs

Citation du texte

 

 

conjoncturels

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Objectifs

structurels

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Innovations

 

 

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8. Synthèse : Après avoir consulté l’ensemble documentaire et répondu aux questions, rédiger un bilan  de l’économie du cinéma depuis les années 1960 en suivant le plan proposé :

 

1ère période

Années 1960-1970

- constat

- explications

2ème période

Années 1980

- constat

- explications

3ème période

Années 1990

- constat

- explications

 

 

 

 

 

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