Depuis la rentrée 2009-2010, un projet centré sur le cinéma a été mis en place. Ce dispositif est intitulé "Passion Cinéma". Cette rubrique rend compte des activités (ateliers, interventions de professionnels, projections de films ...) des élèves.
Le système de production hollywoodien comporte un dispostif de censure mis en oeuvre par le code Hays qui est appliqué de 1934 à 1966.
Le code Hays selon un historien du cinéma
[Après une série d’échecs], la finance ne mise plus sur les réalisateurs, mais sur les vedettes. Celles-ci furent des instruments ou des marques de fabrique. Les vrais maitres des films furent désormais les producers, hommes d’affaires appréciés ou choisis par Wall Street. Les metteurs en scène furent des employés payés à la semaine, comme les électriciens, les opérateurs ou les machinistes. Sous la menace d’une dénonciation de contrat, les producers enlevèrent aux directors la plupart de leurs anciennes prérogatives : choix du sujet, des vedettes, des techniciens, élaboration du scenario et du montage, supervision des décors et costumes etc.
Le producer devenait ainsi le maitre de tous les éléments du succès ou de l’échec artistique. Le souci du rendement [208] dominait : son conseil d’administration évaluait sa valeur en pourcentage des bénéfices. Son guide fut exclusivement la Box Office, le tiroir-caisse. On ne soucia peu de jugement de la critique indépendante. Elle était presque inexistante aux États-Unis. Mais le producer restait dans l’ombre. La vedette fut la façade d’Hollywood, et le Star System la base de sa domination mondiale. La flamme des admirateurs fut entretenue par des millions de photographies dédicacées, la publicité créa autour des idoles une atmosphère de légende. Leurs amours, leurs divorces, leurs toilettes, leurs maisons, leurs animaux favoris devinrent pour des pays entiers sujets d’intérêt et de discussions. Le système tendit même à transformer en véritables divinités Rudolph Valentino, Mary Pickford, Douglas Fairbanks, Gloria Swanson, Wallace Reid, Gilbert, Mae Murray, Norma Talmadge, Clara Bow ou Lon Chaney. Les religions reconnues s’inquiétaient de cette concurrence. Les puritains lancèrent contre Hollywood-Babylone une compagne dont la violence fut renforcée par des scandales retentissants : la mort de Wallace Reid tué par la drogue et l’alcool, la mort d’une danseuse pendant une orgie à laquelle participait l’acteur Fatty, plusieurs meutres ou crimes passionnels.
Les financiers fondèrent alors la MPAA (Association des producteurs et Distributeurs américains) qu’organisa William Hays, puritain rigide et leader du parti républicain. Un salaire annuel de cent mille dollars lui avait fait abandonner le ministère des postes que lui avait confié le président Harding. Le tsar du Cinéma, comme on l’appela, dirigea vingt ans durant l’Office Hays et attache son nom à un Code de la Pudeur, rédigé par un Jésuite, le RP Daniel A. Lord. La « pudeur » fut moins une fin qu’un moyen et servit à transformer le cinéma en instrument de propagande glorifiant le Standard de vie des États-Unis et leur principaux produits industriels. Le cinéma devient voyageur de commerce, en appliquant la formule de Hays : La marchandise suit le film ; partout où pénètre le film américain, nous vendons davantage de produits américains. [209]
Georges Sadoul, Histoire du cinéma mondial, Flammarion, 9e édition, 1949.
| Le sénateur Willima Hays vers 1920 |
|
1. Expliquer comment est organisé le système de production d'Hollywood.
2. Quels acteurs mènent une campagne contre Hollywood ? Pourquoi ?
3. Pourquoi et comment les producteurs (producers) réagissent-ils ?
3. Présenter brièvement le sénateur William Hays.
Lire sur ce lien le code Hayes et répondre aux questions.
4. Quels aspects, thèmes ou valeurs sont abordés par le code Hays ?
5. Relever les interdits.
6. Relever les valeurs valorisées.
7. Selon Georges Sadoul, quels sont les objectifs du CodeHays ?
Synthèse: en utilisant les éléments du dossier documentaire (documents et réponses aux questions), rédiger un paragraphe argumenté. [Utiliser l'outil]